A la santé des artistes !
1er avril - 4 juin 2006
 
 

Annie Barrat
Née en 1955 à Tours, vit à St Avertin
A conçu l’étiquette pour la cuvée Justine du domaine du Moulin de Lène.

Les peintures d’Annie Barrat procèdent d’une démarche sensible où s’entrecroisent des réflexions sur la réalité de la représentation et le statut de la peinture.
Depuis des années, cette diplômée de l’Ecole des Beaux Arts de Paris peint sur toile qu’elle recouvre de couches de cire froide mêlée aux pigments. Sur cette peau, se dresse un alphabet de formes géométriques et de pictogrammes extraits de la réalité matérielle ou des objets du quotidien comme les grands dessins à l’éosine, inspirés des fonds de boîtes à outils, mais aussi de l’actualité la plus marquante ou encore de ses voyages. Au terme d’une lente opération d’élimination, elles sont ensuite « épurées » de tout ce qui est superficiel. Chaque peinture se construit ainsi sur un principe d’échos, de dérives et de stratification, avec une volonté d’établir des liens avec notre histoire (Charm el Cheick). Selon l’artiste, « le sens échappe toujours et glisse vers celui qui regarde. Néanmoins il s’agit simplement, de rester au monde et de le sentir vibrer au travers de la qualité multidimensionnelle de l’expérience sensible et de la couleur souveraine, à rebours du pouvoir conquérant toujours plus dur de notre monde ».

 

     
   
 
   
 

Lilian Bourgeat
Né en 1970, vit à Dijon
A conçu l’étiquette pour la cuvée Rosmarinus du Domaine Calage Resseguier
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Lilian Bourgeat est un artiste singulier dont l’univers créatif n’emprunte guère à des terrains connus. Dans un premier temps, sa démarche a consisté à créer des « dispositifs » signifiants et manipulables à volonté par le public. Il s’agissait avant tout pour lui d’engager le visiteur à effectuer un certain nombre de gestes qui participent du jeu et de la parodie comme réaliser un avion en papier et le jeter du haut d’une passerelle ou encore froisser une feuille de papier et la lancer dans une poubelle-panier de basket. Par ces actions, le visiteur devenait à son tour l’objet d’un jeu dont l’artiste avait décidé les règles.
Depuis 2005, Lilian Bourgeat s’intéresse aux objets issus de notre environnement le plus immédiat – phares de voitures, ampoules électriques…- auxquels il fait subir des modifications étranges en les agrandissant considérablement et déjouant la fonction au profit de la forme. Ces objets surdimensionnés se trouvent ainsi disqualifiés de leur vocation utilitaire habituelle, à moins que le visiteur ne soit devenu lui-même l’objet d’une étrange métamorphose. Commandé spécialement pour l’exposition, Un ricard sinon rien, appartient à cette série d’installations simples et parfois absurdes par lesquels l’artiste cherche à amener le public à s’interroger avec humour sur sa propre vision de l’institution muséale.

 
 
 
 
 

Jean-Baptiste Bouvier
Né en 1973, vit à Strasbourg
A conçu l’étiquette pour un vin de pays des côtes de Thongue du Domaine de l’Arjolle
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Diplômé de l’Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg en 1998, Jean-Baptiste Bouvier est l’auteur d’une création singulière qui interroge, à travers la peinture et la sculpture, l’idée de nature et ses codes de représentation. Ses peintures, très synthétiques, se résument généralement à un dégradé de ciel délavé ou à un fond uni sur lequel se dressent des motifs en aplat, comme dans un contre-jour. Ces images font ouvertement référence aux classiques de la peinture auxquels elles empruntent certains de leurs motifs, comme cette série de grandes natures mortes peintes à l’encre de chine où l’on remarque chemin faisant une citation de Caravage . A une époque où, semble-t-il, il n’y ai plus d’intérêt pour les natures mortes en dehors des ateliers de pratique artistique, Jean-Baptiste Bouvier se plaît à revisiter ce genre désuet. Ses peintures ne sont justement rien d’autre que « des citations de natures mortes, de leurs empreintes, de leurs souvenirs. Elles parlent sans rien inventer et sur le même mode, de concepts comme la vanité, la mort ou l’histoire de l’art . Ce qu’elles ont finalement fait à toutes les époques». Se faisant l’objet d’une réflexion sur le temps comme dans la tradition la plus classique, ces grandes peintures se font aussi écho d’une certaine imagerie publicitaire contemporaine.

 

 

 

           
 

 

 

Frédéric Duprat
Né en 1966, vit à Bordeaux
A conçu l’étiquette pour un coteau du Languedoc du Domaine de Roquemale.

Frédéric Duprat crée une œuvre dans laquelle interviennent de constants glissements entre dessin, peinture, photographie et objet. Mettant à profit d’incontestables qualités de dessinateur, cet « artiste entrepreneur » active inlassablement et non sans humour des principes artistiques qui questionnent le statut de l’image dans notre société. Revisitant le genre noble et traditionnel du décor mural, Frédéric Duprat a créé en 2001 une société nommée FRISOU FRISOU, entité hybride située au croisement d’une agence de décoration et d’un laboratoire utopique. Dans cette petite entreprise où la commande, l’artisanat et l’économie se retrouvent intimement mêlés, il conçoit et produit des œuvres pour des commanditaires privés ou publics : des fresques monumentales (Grand café de l’Orient à Libourne, crèche de Bordeaux, maison d’accueil de Mérignac…), des décors pour des appartements privés, ou encore une impressionnante installation pour le Centre Dramatique National de Bordeaux.
Pour l’exposition au MIAM, Frédéric Duprat a choisi de présenter une lampe hameçon (Lustre) conçue sous le label FRISOU FRISOU, ainsi qu ‘une série de peintures (Coucou, et Sans titre). Chacune de ces œuvres explore la réalité pour la restituer de manière ludique.

 
           
 

Sammy Engramer
Né en 1968, vit à Tours
A conçu l’étiquette pour un Saint Chinian 2005 du Château de Viranel.

L’œuvre de Sammy Engramer est si hétérogène qu’il s’avère difficile d’identifier son travail selon les classifications habituelles. Refusant de se laisser enfermer dans un style et marquant sa défiance vis-à-vis du faire artistique, l’artiste se perçoit volontiers comme peintre tout en sortant largement de ce cadre par la réalisation de photographies, d’installations, de maquettes et de sculptures. L’amour du langage et de ses écritures constitue probablement le fil conducteur de ce travail dont l’efficacité doit également beaucoup à l’humour caustique qui le parcourt. Maniant le simple jeu de mot comme les modalités les plus sophistiquées du langage, mais aussi pratiquant l’art de l’emprunt et du détournement, Sammy Engramer s’inscrit en fait dans une certaine histoire de l’art, celle qui conduit de Marcel Duchamp à Marcel Broodthaers et qui cherche à brouiller les frontières entre l’art et le non-art.
Bulles, composée de 39 dessins numériques s’intéresse à la structure du langage à travers le support de la bande dessinée. Chaque bulle relate des associations d’idées réduites à leur plus simple expression. Ce type de jeux de mots visuels résonne également dans les œuvres qui évoquent des représentations architecturales comme cette série de maquettes où une pomme de terre, un kilo de pâtes, une saucisse sèche et une bouteille de vin sont logées dans des prototypes de bâtiments fonctionnels devenus de véritables petites maisons pour denrées périssables (Architectonic).
Musée pour du vin de table a été spécialement conçu pour l’exposition.

 

 

 

 
           
 

 

 

 

Pauline Fondevila
Née en 1972 au Havre, vit entre Lyon et Barcelone
A conçu l’étiquette pour la cuvée Brise marine 2005 du Château de la Négly.

Fondé essentiellement sur la pratique du dessin, le travail de Pauline Fondevila, dégage un univers poétique et mélancolique nourri de citations et d’emprunts faits aux artistes, cinéastes, écrivains et musiciens contemporains. Par un brillant exercice d’appropriation et de mixage que l’on peut comparer à un « sample musical », cette jeune artiste formée à l’Ecole des Beaux Arts de Lyon, tisse de grandes compositions murales ouvertes. Les fragments empruntés sont à chaque fois transformés, réinventés et mêlés à ses propres visions pour bâtir un monde onirique d’une exceptionnelle qualité graphique (Enter your Dreams). Dans la bande dessinée Echoesland, réalisée avec François Olislaeger et directement inspirée d’un des grands classiques du genre (Little Nemo in Slumberland de Winsor McCay), Pauline Fondevila se représente propulsée dans un autre monde traversé de citations d’œuvres d’art et d’aventures fantastiques. On peut y croiser pêle-mêle Jean Paul Belmondo et Jean Seberg dans A bout de souffle, Lewis Carroll, Madonna mais aussi des citations d’œuvres de Daniel Buren, de Richard Prince, de Valie Export ou encore de Maurizio Cattelan. Ces références imaginaires confèrent une profondeur et un charme à ce pays d’échos étranges.

 
           
 

 

Emmanuel Louisgrand
Né en 1969, vit à Saint-Etienne
A conçu l’étiquette pour L’esprit du Silène du Domaine Silène des Peyrals.

Le jardin est au cœur de l’activité d’Emmanuel Louisgrand, comme cadre de travail tout d’abord lorsqu’il investit l’espace public, et comme écosystème lorsqu’il utilise l’élément végétal en tant que matériau vivant . Ses interventions se situent le plus souvent dans des jardins urbains ou dans des lieux de culture communautaires ce qui donne à ses recherches une dimension sociale essentielle. Les principales réalisations de ce diplômé de l’Ecole Nationale des Beaux Arts de Lyon, sont : Le jardin de découverte de la maison du parc à Pélussin, L’allégorie du jardin à la française au Centre d’art contemporain d’Istres, ou encore L’ilôt d’Amaranthes de Lyon.
Emmanuel Louisgrand participe chaque année aux vendanges en tant que décuveur (celui qui sort le raisin de la cuve au moyen d’une fourche) dans une cave beaujolaise. Cette activité lui a permis de constituer une banque de données iconographiques (photos, dessins, videos). C’est dans cette mémoire et ce vécu qu’il a puisé la source de son inspiration pour la réalisation de l’étiquette de vin et du film Décuvage spécialement conçu pour cette exposition.
L’exposition présente également un ensemble de vases bouleaux créés en Finlande à Espoo lors d’une résidence effectuée en 1999 ainsi qu’une série de photographies issues de l’installation Big fruit ou l’équation réalisée dans l’ancienne cave coopérative de Montpellier en 2000.

 

 

 

 
           
 

 

 

 

Cécile Noguès
Née en 1975, vit à Bordeaux
A conçu l’étiquette pour un Faugères du Château La Liquière.

Tout en explorant des modes de production aussi divers que l’édition d’un livre, l’habillage d’un magazine audio-visuel expérimental, la fabrication d’objets en série, et la peinture, Cécile Noguès a placé la pratique du dessin au centre de son travail. Mais le dessin chez cette jeune artiste fascinée par la relation du monde contemporain à l’image est volontairement mis à distance par l’usage du filtre informatique qui permet selon ses mots, « de prolonger les paramètres du dessin au mouvement et au temps ». Toutefois, l’esquisse à la main préexiste toujours dans son travail qui se compose essentiellement d’images numériques reproductibles par des procédés mécaniques. Souvent situées à la frontière des genres, ses expérimentations graphiques s’inscrivent dans une recherche de différents registres d’écritures comme les dessins à l’encre et à l’ordinateur réalisés pour la réédition des « Histoires désobligeantes » de Léon Bloy, ou encore les « tableaux d’une minute» , sortes d’animations dessinées et projetées en vidéo qui allient écriture organique, tracé informatique et image en mouvement.
L’exposition présente un ensemble de sérigraphies composant de jeux formels avec les mots, une série de peintures et deux animations vidéo où les objets les plus simples vivent des aventures étranges.

 
 
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